La Vie est Belle

samedi 17 mai 2008

Pourquoi je ne l'aime pas comme il se doit ?

Avec ma mère, j'ai toujours eu des coups durs.

J'aimerai lui manifester mon amour, ma reconnaissance et mon respect...Mais il y a ce problème qui nous empêche de nous aimer...

Mes parents ont eu leur premier enfant -moi- à l'âge de 27 ans. Ils venaient d'arriver en France et ne parlaient pas la langue. Ils vivaient dans une chambre de bonne, au dernier étage d'un immeuble parisien dans le 11ème (à Nation).

Mon père est un homme émotionnel, tendre et qui à la tête bien sur ses épaules...Ma mère, elle, est une femme caractérielle, égocentrique et qui aime avoir l'attention sur elle. A ma naissance, mon père m'a beaucoup chéri : j'étais la première et en plus, j'étais adorable (non c'est pas vrai, j'étais une peste...). Gâtée, presque pourrie, j'étais la seule au monde aux yeux de mon père. 4 ans après, ma sœur est née. Nous avons déménagé en banlieue parisienne et la famille s'est agrandie : un petit frère et encore une petite sœur. Ma mère a très vite été dépassée par ses évènements. Non pas qu'elle ne les ai pas vu arrivé mais je pense surtout qu'elle n'était pas prête à assumer autant de responsabilités et d'avoir à garder 4 enfants en bas âge.

Au cours de mon enfance, je me suis toujours demandé pourquoi ma mère aimait plus les petits que moi ? Pourquoi elle accordait plus d'attention à ses autres enfants qu'à moi ? En général, c'est comme cela que ça se passe : les parents oublient vite d'accorder équilibrement leur attention à chacun de leurs enfants...J'ai très mal vécue mon enfance. Lorsque mes parents parlent de l'enfance de leurs enfants, ils parlent tout le temps des bons moments, des moments de crise mais jamais de mon oubli. Pour eux, j'ai été l'ainée, celle qui devait se charger ses petits, qui devait montrer l'exemple et qui devait les aider lorsqu'ils étaient débordés. Personne ne s'est soucié de mon besoin d'aide, de mes sentiments, de mes envies...

Il m'est parfois arrivé de voir les petits sauter dans le lit conjugal le dimanche matin pour s'amuser avec mes parents et me voir refuser l'entrée dans la chambre par ma mère parce que j'étais déjà trop grande pour m'amuser avec eux...J'avais 7 ans.

Oui, ma mère m'en a fait baver. Quand tous les enfants faisaient des conneries, c'est moi qui prenait. Il fallait bien un responsable et elle avait décidé que ce serait moi. Oui, parce que les autres, enfin SES petits sont encore bien trop petits pour les engueuler, ils ne comprendraient rien. Des mots comme "fille indigne" ou "fille pourrie" ou encore "Je n'aurais jamais dû te donner naissance" sont des expressions qui sortaient de sa bouche comme pour me faire comprendre qu'elle souffre de ma présence. Souvent, un épisode de mes mésaventures familiaux me revient. Celui où mon père vient juste d'acheter un caméscope et filme notre quotidien. Je suis assise sagement dans le canapé, je regarde mon dessin-animé préféré (Cendrillon) et je suis ultra-concentrée. Ma mère, elle, s'amuse par terre avec ma petite sœur et mon petit frère quand soudainement, elle décide de m'arracher mon serre-tête parce qu'elle veut que sa seconde fille soit la plus belle à la télé.

De ce rôle de vilain petit canard, je m'en suis tirer une sacré mentalité : ne pas ressembler à ma mère plus tard. Aujourd'hui encore, j'ai le mauvais rôle et je crois qu'il me suivra pour tout le restant de sa vie. A présent, avec du recul, je pense qu'elle n'était pas vraiment prête à m'accueillir dans sa vie en tant que fille. Lui avoir volé l'attention de mon père, lui avoir pris un peu d'amour dans le cœur de mon père a créé une sorte de rancune en elle envers moi et c'est ainsi qu'elle a décidé de me le faire payer.

A 22 ans, je vis encore chez eux mais j'y passe le moins de temps possible. Vivre ici est presque devenu un enfer alors que c'est chez eux que je suis censée trouver du réconfort, du bonheur et éventuellement de l'amour ? Entendre ma mère geindre auprès de mon père ô combien je suis indigne, ô combien je ne me soucie pas du domicile familiale me fait dresser les poils de tout mon corps tout entier...

Oui, parce que vous savez, ma mère c'est la reine des comédiennes. S'il y avait un Festival des mamans comédiennes, ma mère aurait remporté tous les prix possibles et imaginables. Il y a bien maintenant 10 ans, dans une crise de folie elle a feint une "tentative de suicide" dans lequel elle criait partout dans la maison face à mon père (oui, ses actes de comédies ne sont valables que quand mon père est présent) et tenait un ciseau censé lui couper les veines. Résultat, mon père l'a cru et maintenant, dans cette maison dans lequel 6 personnes vivent, il y règne une grande hypocrisie invisible. Tout le monde sait qu'elle joue des rôles différents selon les personnes présentes dans la même salle qu'elle, tout le monde sauf mon père. Enfin, peut être est-il au courant mais qu'il ne dit rien ?

Il y a un abandon total dans ma famille. Tout le monde se dit des choses mais personne parle réellement et j'en souffre terriblement. Avec les années, la communication sous ce toit disparaît en même temps que nous grandissons parce que nous parlons de moins en moins le chinois, parce que nous nous séparons peu à peu et abandonner totalement l'idée qu'un jour nous puissions réellement discuter de ce que nous avons dans le cœur chacun d'entre nous.

Je ne la supporte près plus et pourtant, c'est elle qui m'a donné naissance, c'est elle qui ma nourrit de son lait et qui ma donné de si jolis traits sur mon visage. C'est bientôt la fête des mamans et pourtant, je n'ai pas envie de lui faire plaisir ce jour là....